26.10.2009
8° épisode : OUM
C’est Oum que j’ai choisi, provisoirement. Oum, c’est mère en arabe. J’aurais pu choisir Yemma, maman, mais c’est ainsi que j’entends la petite fille dessinée par Françoise appeler sa mère : Oum, Oum ; Oum ! dans une ville que j'imagine être celle du Sud Liban. Il ne faut pas me demander pourquoi ce choix de Oum. Je ne sais pas. Je crois que j’écris à l’oreille, et c’est Oum que j’entends résonner.
Et mon texte commence ainsi :
J’ai dormi, longtemps.
Lorsque je me suis réveillée, ma maison était morte.
Les maisons meurent, Oum me l’a dit :
« Quand elles sont trop vieilles, quand les gens les abandonnent : elles se changent en simples tas de pierres. Elles ont honte de ne plus servir à rien ».
Pas la mienne, non, elle venait de naître.
Mon père avait à peine fini d’y mettre un toit.
Une chose nous paraît alors évidente, la petite fille qui appelle dans ma tête n’a pas le même âge que celle des planches. Françoise décide alors de faire grandir son personnage, et par la même occasion de changer radicalement de technique : ce sera le pastel gras sur un papier sombre, avec un très gros grain. Et sa Choucha prend alors ces traits-là :
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